Des étudiants en médecine s’unissent pour réduire l’isolement chez les aînés durant la pandémie

« Beaucoup de ces aînés sont confrontés à l’isolement. Souvent, ils ne peuvent pas sortir de chez eux et ne sont en contact qu’avec leur famille. Même avant la pandémie, il arrivait qu’ils ne voient personne pendant plusieurs jours. » – Elias Hazan, bénévole dans le cadre du Partenariat étudiants-aînés pour la prévention de l’isolement et étudiant de troisième année en médecine à l’Université de Toronto

Les humains sont des êtres sociaux : leur bien-être dépend des liens tissés avec les autres. Pour de nombreux aînés du Canada, en particulier ceux confinés chez eux ou confrontés à des barrières linguistiques, il peut cependant être difficile d’entretenir des liens significatifs, encore plus au temps de la COVID-19.

Au plus fort de la pandémie, alors que les mesures d’éloignement physique étaient plus rigoureuses que jamais et que bon nombre d’établissements de soins de longue durée interdisaient les visites, beaucoup d’aînés se sont retrouvés complètement isolés de leur famille et de leurs amis.

Le son d’une voix amicale, même à distance, pouvait alors s’avérer un puissant baume.

C’est en tout cas le remède qu’un groupe d’étudiants en médecine cherchaient à offrir aux aînés lorsqu’ils ont fondé en mars 2020, peu après le début de la pandémie, le programme d’intervention du Partenariat étudiants-aînés pour la prévention de l’isolement.

Ce programme vise à mettre en contact des étudiants bénévoles et des aînés isolés de leur communauté : à l’occasion d’appels téléphoniques hebdomadaires, les étudiants offrent aux aînés leur compagnie et un réconfort social, tout en les aidant à mieux comprendre la COVID-19. Les bénévoles peuvent également orienter les aînés vers des services communautaires parfois difficiles à trouver s’ils n’utilisent pas Internet, comme des services de livraison d’épicerie ou des lignes d’assistance en santé mentale.

Monisha Persaud et l’équipe du Partenariat étudiants-aînés pour la prévention de l’isolement ont reçu une subvention à l’innovation sur la COVID-19 de Joule. Pour en savoir plus sur le programme et sur les bénéficiaires des subventions, cliquez ici.

Dirigé par trois étudiants en médecine, Monisha Persaud, Geoffrey Sem et Victoria O’Driscoll, ainsi que leur professeure, la Dre Sabrina Akhtar, le programme du Partenariat se base sur un programme antérieur où les étudiants en médecine rendaient visite à des personnes âgées de leur communauté à Toronto.

Voici ce que les bénévoles avaient à dire au sujet du programme et du fait d’aider des aînés à maintenir des liens sociaux :

Depuis son lancement, le Partenariat étudiants-aînés pour la prévention de l’isolement a pris de l’ampleur : il regroupe maintenant plus de 500 étudiants bénévoles de plus de 10 universités canadiennes, qui parlent 38 langues à eux tous. Les cofondateurs ont présenté quelques éléments phares de leur projet.

Comment vous êtes-vous réorientés quand la pandémie a frappé?

  • Monisha explique que le programme initial, qui comportait des visites en personne, a été lancé en 2019. Il s’agissait d’un projet collaboratif entre les étudiants en médecine de l’Université de Toronto et l’équipe de santé familiale du Réseau universitaire de santé de l’Hôpital Toronto Western.
  • Lorsque la pandémie a frappé et que les mesures d’éloignement physique ont été renforcées, ils ont dû cesser toute visite en personne.
  • Sachant à quel point il était important de maintenir des liens sociaux avec ces personnes âgées, ils ont décidé de repenser le programme en remplaçant les visites en personne par des conversations téléphoniques et en adoptant un modèle de branches locales. Ils ont également créé des documents de formation afin que les bénévoles aient les connaissances nécessaires pour aider les aînés à mieux comprendre la COVID-19 et les diriger vers les ressources communautaires appropriées.
  • Quelques changements supplémentaires ont rendu possible la mise à l’échelle nationale du programme.
    • Ils ont commencé à offrir leur formation en ligne.
    • Ils ont fait en sorte qu’un plus grand nombre d’aînés aient accès au programme en informant les équipes et les cabinets de santé familiale et les organismes communautaires de leur service.
    • Chaque branche a nommé un médecin-conseil et des chefs d’équipe pour promouvoir le programme à l’échelle locale et se charger de la couverture médiatique et des partenariats communautaires.
    • Un bulletin interne a été lancé pour donner aux bénévoles des différentes branches la possibilité de parler des liens qu’ils ont créés avec les aînés auxquels ils ont été jumelés.

 

Qu’avez-vous fait pour veiller à ce que le programme continue de répondre aux besoins des aînés à long terme?

  • Geoffrey précise qu’ils avaient récemment enregistré le Partenariat en tant qu’organisme national à but non lucratif, ce qui leur permettra d’entreprendre des activités de représentation et d’accroître leur impact.
  • Ils ont récemment formé un conseil exécutif national et créé un comité de planification à long terme, au sein duquel les représentants des différentes universités planifient le bon fonctionnement et la viabilité du programme, et travaillent à l’harmonisation des procédures nationales.
  • L’Hôpital Toronto Western a entamé une étude officielle afin d’évaluer les retombées du programme et d’aider les responsables à assurer son amélioration continue. Plusieurs autres projets de recherche sont en cours, dont une initiative nationale d’amélioration de la qualité.

 

Quelle est la prochaine étape pour le Partenariat étudiants-aînés pour la prévention de l’isolement?

  • Victoria indique qu’ils cherchent toujours à accroître le rayonnement du programme pour en faire bénéficier un plus grand nombre d’aînés socialement isolés.
  • Ils s’emploient à élargir leur processus de recommandation pour permettre aux aînés sans contacts réguliers avec un professionnel de la santé d’accéder directement au programme ou aux membres de leur famille de les y inscrire.
  • Ils espèrent reprendre les visites en personne une fois qu’il sera possible de le faire en toute sécurité.

« Nous estimons que la mise à l’échelle nationale de ce programme durant la pandémie de COVID-19 nous permettra de répondre aux besoins des personnes âgées advenant d’autres vagues ou pandémies. » – Monisha Persaud

 

Ces documents sont publiés uniquement à titre informatif. Ils ne remplacent en rien un avis médical en bonne et due forme et ne doivent pas être considérés comme des conseils médicaux ou personnels. Les auteurs s’expriment à titre personnel, et leurs opinions ne reflètent pas nécessairement celles de l’Association médicale canadienne et de ses filiales, y compris Joule. 

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