Réponses à cinq questions sur les vaccins contre la COVID-19

Alors que des campagnes de vaccination ont lieu dans le monde entier pour mettre fin à la pandémie de COVID-19, tout le monde se pose des questions sur les différents vaccins.

Cette information est exacte en date du 26 février 2021. La première réponse a été mise à jour le 8 mars afin de réfléter l'authorisation récente du vaccin de Johnson & Johnson au Canada.

Vois des réponses à certaines des questions les plus fréquentes :

 

1. Quels sont les vaccins contre la COVID-19?

Sept vaccins contre la COVID-19 sont offerts au grand public dans plus de 75 pays, sous diverses formes d’approbation et autorisations d’urgence. Le processus d’approbation diffère selon les pays, et la disponibilité des vaccins dépend donc de l’endroit où vous vivez.

Les premières autorisations de vaccin ont eu lieu en Russie, avec le Spoutnik V, développé par l’Institut de recherche Gamaleya, et en Chine, avec les vaccins de CanSinoBIO, Sinovac et Sinopharm. Ces autorisations ont été accordées avant que les vastes essais cliniques de phase 3 soient terminés. Les vaccins de Pfizer/BioNTech, de Moderna et de Johnson & Johnson sont autorisés dans plusieurs pays, dont les États-Unis et le Canada. Le vaccin d’AstraZeneca a d’abord été approuvé au Royaume-Uni, et est maintenant approuvé partout en Europe et dans d’autres pays, dont récemment au Canada. Le vaccin de Novavax sera le prochain à être approuvé.

Une couverture vaccinale mondiale expéditive avec de nombreuses options est un important objectif de santé publique. Bien que l’approvisionnement international en vaccins reste limité, le choix du vaccin ne peut être garanti, même si l’on réside dans un pays où plusieurs vaccins ont été approuvés.

 

2. Quelles sont les différences et les similarités entre les différents vaccins contre la COVID-19?

La principale différence entre les vaccins est qu’ils sont fabriqués à partir d’un virus complet (SARS-CoV-2 ou vecteur viral), du matériel génétique du virus (ADN ou ARNm) ou de particules du virus (sous-unités protéiques). Les vaccins de Sinovac et de Sinopharm sont fabriqués à partir du virus SARS-CoV-2 inactivé. Le vaccin Spoutnik V et ceux d’AstraZeneca, de CanSinoBIO et de Johnson & Johnson sont des vaccins à vecteur viral utilisant différentes souches d’adénovirus encodant le gène de pointe du SARS-CoV-2. Les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna sont des vaccins à base d’ARNm qui donnent l’instruction aux cellules de produire la protéine de spicule SARS-CoV-2 encapsulée dans une nanoparticule lipidique. Finalement, le vaccin de Novavax sera probablement le premier vaccin à sous-unité protéique à être approuvé.

Les autres différences sont entre autres les schémas posologiques et les exigences de stockage. Par exemple, les vaccins de CanSinoBIO et de Johnson & Johnson sont autorisés pour l’administration d’une seule dose, alors que les autres vaccins sont administrés en deux doses. Pour les vaccins nécessitant deux doses, l’intervalle recommandé entre les doses varie de 14 à 56 jours. La température de stockage diffère également, le vaccin de Pfizer/BioNTech nécessitant une température de congélation extrêmement basse (moins 70 degrés Celsius), ce qui rend sa distribution plus difficile.

Il existe également des similarités entre les vaccins actuellement autorisés. Ils sont tous administrés par injection intramusculaire, dans le muscle deltoïde du bras. Ils provoquent des réponses d’anticorps et de lymphocyte T, ce qui peut causer une douleur ou un œdème au site d’injection et, parfois, des symptômes systémiques comme de la fièvre, une enflure des ganglions, une myalgie et des maux de tête. Les symptômes systémiques sont plus courants après l’administration de la deuxième dose.

 

3. Est-ce qu’un vaccin est meilleur qu’un autre?

Jusqu’à présent, aucune comparaison directe des vaccins n’a été faite au moment des essais cliniques, et il est injuste de comparer l’efficacité d’un vaccin en fonction des essais avec placébo. Les différences entre les populations étudiées, la circulation des souches de variants du coronavirus aux sites d’étude, les résultats mesurés et le moment de l’évaluation sont des facteurs pouvant influencer l’efficacité des vaccins – même pendant différents essais d’une même vaccin. L’efficacité générale aux essais de phase 3 publiée dans des revues examinées par des pairs varie de 70 à 95 pour cent, et chacun des vaccins évalués permet de prévenir des formes graves de la maladie et des décès liés à la COVID-19. (Le tableau ci-dessous présente l’efficacité de chaque vaccin.)

 

Efficacité

Vaccin

Formes symptomatiques de COVID-19

Formes graves de COVID-19

Pfizer/BioNTech

95 %

100 %

Moderna

94 %

100 %

Spoutnik V

92 %

100 %

Novavax

89 %*

Inconnue

Sinopharm

79-86 %*

100 %*

AstraZeneca

70 %

100%

Johnson & Johnson

66 %*

85 %*

CanSinoBIO

66 %*

Inconnue

Sinovac

50 %*

Inconnue

* Efficacité signalée dans des communiqués de presse et les médias généraux; données non disponibles pour une évaluation indépendante.

 

4. Les vaccins sont-ils efficaces contre les variants du SARS-CoV-2?

L’efficacité des vaccins actuellement autorisés contre les variants du virus SARS-CoV-2 fait l’objet d’études en cours, et de nouvelles données sont recueillies chaque jour. Les études préliminaires semblent indiquer que les vaccins à base d’ARNm de Pfizer/BioNTech et de Moderna provoquent une production d’anticorps pouvant neutraliser les variants connus en circulation (B.1.1.7, B.1.351 et P.1), alors que les titres d’anticorps contre le variant B.1.351 sont plus faibles. Cependant, les essais cliniques effectués en Afrique du Sud, où le variant B.1.351 est largement répandu, semblent indiquer que certains vaccins peuvent être moins efficaces contre ce dernier. Un essai du vaccin de Johnson & Johnson a démontré une efficacité de 57 pour cent en Afrique du Sud, comparativement à une efficacité de 72 pour cent aux États-Unis. De plus, un essai de petite taille du vaccin d’AstraZeneca n’a démontré aucune protection, ce qui a poussé l’Afrique du Sud à mettre un terme à la distribution de ce vaccin.

La surveillance continue des variants du SARS-CoV-2 et les essais cliniques à différents endroits dans le monde aideront à déterminer quels vaccins sont plus ou moins efficaces contre les variants du SARS-CoV-2, et à quels endroits. Si une nouvelle souche de variant résiste à l’immunité, il peut être nécessaire de recevoir une dose de rappel. À cette fin, la société Moderna s’est déjà engagée à tester les vaccins de deuxième génération en utilisant l’ARNm avec des mutations des souches des variants.

 

5. Qui ne devrait pas être vacciné?

Actuellement, les enfants de moins de 16 ans ne devraient pas être vaccinés. Le seul vaccin contre la COVID-19 présentement disponible pour les adolescents est celui de Pfizer/BioNTech qui peut être administré chez ces jeunes dès l’âge de 16 ans. Tous les autres vaccins sont autorisés pour les adultes de 18 ans et plus. Des essais cliniques avec des enfants ont été entrepris, mais pour le moment, les enfants de moins de 16 ans ne devraient recevoir aucun vaccin contre la COVID-19.

La seule contre-indication médicale à la vaccination est une grave réaction allergique à une première dose ou à une composante du vaccin (les ingrédients des vaccins à base d’ARNm figurent sur le site Web du CDC). Dans le cas des vaccins à base d’ARNm, des antécédents d’allergie aux polysorbates sont considérés comme une contre-indication en raison d’une réaction immunitaire croisée au polyéthylène glycol qui se trouve dans la nanoparticule lipidique. Toute préoccupation au sujet d’une allergie au vaccin devrait être signalée à un fournisseur de soins.

Les précautions peuvent varier selon les régions et pour chaque vaccin. L’Organisation mondiale de la santé suggère de retarder la vaccination des personnes enceintes ou qui allaitent, quoique d’autres organisations, dont la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) affirment que les personnes enceintes devraient pouvoir être vaccinées. Les facteurs à prendre en considération sont le risque d’exposition, le niveau de COVID-19 dans la communauté, le risque accru de développer des symptômes graves de la maladie durant la grossesse, y compris les risques pour le fœtus, ainsi que la sécurité et l’efficacité du vaccin. Les problèmes médicaux pouvant justifier des précautions sont entre autres les maladies immunodéficientes ou auto-immunes, ou des antécédents du syndrome de Guillain-Barré ou de la paralysie de Bell. Les précautions ne sont pas des contre-indications, mais elles devraient faire l’objet d’une discussion avec un fournisseur de soins.

Les personnes ayant eu la COVID-19 devraient être vaccinées, bien que cela puisse varier selon les régions et dépendre de l’approvisionnement en vaccins. Avant de se faire vacciner, les personnes qui ont récemment reçu un diagnostic de COVID-19 devraient être guéries et répondre à tous les critères sur l’arrêt de l’isolement. Un report de la vaccination de 90 jours est suggéré pour les patients qui ont reçu un traitement par anticorps monoclonaux ou plasma de convalescent afin d’éviter une interaction éventuelle avec la réponse immunitaire après la vaccination.

La vaccination n’est pas recommandée comme prophylaxie postexposition pour les personnes qui ont été exposées au virus, car elle ne les protégera probablement pas. Les personnes qui ont été exposées à quelqu’un ayant la COVID-19 devraient attendre la fin de leur quarantaine avant de se faire vacciner, afin d’éviter une transmission potentielle.

La directive générale est de recevoir le vaccin contre la COVID-19, quel qu’il soit, quand il est disponible, tout en continuant après la vaccination à porter un masque, à pratiquer la distanciation physique et à se laver fréquemment les mains. Pour le moment, aucun vaccin spécifique n’est plus recommandé qu’un autre.

 

Pour en savoir plus, consultez la page thématique COVID-19 (Novel Coronavirus) dans DynaMed.

L’article original a été publié en anglais sur la plateforme EBSCO Health Notes. Rédigé par :

  • Vito Iacoviello, M.D., rédacteur en chef adjoint de la section infectiologie, allergologie et immunologie chez DynaMed;
  • Heather D. Marshall, Ph. D., rédactrice médicale principale de la section infectiologie, allergologie et immunologie, et spécialiste des médias numériques chez DynaMed.

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Ce document est publié uniquement à titre informatif. Il ne remplace en rien un avis médical en bonne et due forme et ne doit pas être considéré comme des conseils médicaux ou personnels. Les auteurs s’expriment à titre personnel, et leurs opinions ne reflètent pas nécessairement celles de l’Association médicale canadienne et de ses filiales, y compris Joule. 

À propos de l’auteur

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