Des experts en santé des Autochtones ont raison de la réticence des communautés à l’égard de la vaccination contre la COVID-19

Bien qu’elle relève de l’exploit, la création d’un lien de confiance entre communautés autochtones et fournisseurs de soins de santé permettra de sauver des vies. Selon les données publiées récemment par les autorités publiques, le nombre de cas de COVID-19 signalés parmi les membres des Premières Nations vivant dans des réserves est actuellement 74 % supérieur à celui enregistré dans la population canadienne en général.

« Il y a des personnes qui ne font pas confiance aux vaccins contre la COVID-19. J’en ai entendu dire qu’elles craignaient de servir de cobayes, de dire la Dre Lisa Richardson, interniste et responsable stratégique de la santé des Autochtones à l’hôpital Women’s College de Toronto. La réticence à l’égard de la vaccination va au-delà de l’individu. Elle s’inscrit dans le cadre plus large de la maltraitance systémique, notamment l’expérimentation “forcée”, la coercition ou les mauvais traitements dans les décisions médicales et les préjugés racistes qui ont entraîné de piètres résultats pour les populations autochtones. »

Nouvelle page de ressources : comment parler aux patients des vaccins contre la COVID-19

Vos patients ont des questions concernant les vaccins contre la COVID-19. L’AMC a rassemblé des ressources pour faciliter les discussions : conseils à l’intention des médecins, fiches d’information à l’intention des patients, considérations juridiques et médicales et information digne de confiance sur les vaccins et leur innocuité. 

Conscientes de ce passé colonial et du rôle de celui-ci dans l’établissement d’un sentiment permanent de méfiance envers l’institution des soins de la santé, la Dre Richardson et son équipe ont décidé de mettre sur pied un programme, adapté sur le plan culturel, pour parler des vaccins contre la COVID-19 et de leur innocuité aux communautés inuites, des Premières Nations et de la Nation métisse. Le but de l’initiative est d’informer ces communautés pour les aider à prendre des décisions éclairées, sans coercition.

Résultat : le centre virtuel Maad’ookiing Mshkiki, qui signifie « partager la médecine » en anishinaabemowin, a produit une série de courtes vidéos sur toutes sortes de sujets, du fonctionnement des vaccins aux aspects des pratiques de guérison traditionnelles et de celles de la médecine occidentale qui se rejoignent. Présentées sous forme de « causeries », les vidéos, volontairement conviviales, permettent d’entendre les conseils de professionnels de la santé, mais aussi de grands-mères qui expliquent leur réticence à se faire vacciner.

« L’idée, c’est d’aider les gens à prendre des décisions éclairées, sans les forcer. » – Lisa Richardson, M. D.

Elisa Levi, étudiante en dernière année de médecine, explique l’approche empruntée. Pour appuyer le projet et faciliter la compréhension, elle a préparé des fiches où elle a transposé l’information scientifique en termes et en concepts qui parlent aux peuples autochtones.

« Au sein de nos communautés, nos assemblées servent de tribunes pour échanger de l’information, et c’est ce qu’incarne le Maad'ookiing Mshkiki virtuellement. Le savoir, c’est une forme de médecine. »

Selon la Dre Richardson, depuis son lancement en février, le centre a non seulement répondu à un besoin des communautés autochtones, mais il a aussi vraisemblablement atteint son but.

« Il vise la prise de décisions en toute connaissance de cause. Toutes les personnes à qui j’ai parlé ont accepté de se faire vacciner après avoir obtenu des réponses à leurs questions. »

À la lumière de son expérience du centre virtuel, la Dre Richardson conseille à tous les médecins et fournisseurs de soins de santé de profiter de l’occasion pour avoir une bonne discussion avec leurs patients. En attendant, le centre virtuel continue de proposer du nouveau matériel, comme des documents infographiques, des fiches d’information et des liens vers des ressources adaptées sur le plan culturel.

Vidéo ci-dessous disponible en anglais  

Le Maad’ookiing Mshkiki a été mis en place par le Centre for Wise Practices in Indigenous Health de l’hôpital Women’s College, en collaboration avec le Conseil des services de santé de première ligne aux Autochtones (Indigenous Primary Health Care Council - IPHCC), Anishnawbe Health Toronto, le programme de santé autochtone du Réseau universitaire de santé et Shkaabe Makwa (du Centre de toxicomanie et de santé mentale).

À propos de l’auteur

L’AMC unit les membres de la profession médicale au Canada pour améliorer la santé de la population canadienne et accroître l’efficacité du système de santé.

Twitter LinkedIn Consulter le site Web Plus de contenu par Personnel de l' Association médicale canadienne
Précédent
Traitement à base d’anticorps monoclonaux antiviraux contre la COVID-19 : est-ce efficace?
Traitement à base d’anticorps monoclonaux antiviraux contre la COVID-19 : est-ce efficace?

Le traitement à base d’anticorps monoclonaux antiviraux est autorisé pour les patients externes atteints d’...

Prochain
Réponses à cinq questions sur les vaccins contre la COVID-19
Réponses à cinq questions sur les vaccins contre la COVID-19

Sept vaccins contre la COVID-19 sont autorisés. L’équipe éditoriale de DynaMed présente quelques nouvelles ...

Le Carrefour AMC du bien-être des médecins rassemble des ressources et des outils de bien-être vérifiés par une équipe d’experts.

EN SAVOIR PLUS