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Des réponses à 10 questions que vos patients vous posent au sujet de la COVID-19

Les faussetés au sujet de la COVID-19 se propagent à une vitesse alarmante dans les médias sociaux; les patients se tournent donc vers leurs médecins avec beaucoup de questions de nature clinique. Étant donné que chaque jour apporte son lot de nouvelles données, savoir comment répondre à ces questions en toute confiance peut paraître difficile.

Les membres de l’équipe éditoriale de DynaMed ont synthétisé des réponses fondées sur des données probantes pour 10 questions posées par les patients au sujet de la COVID-19 :

 

1. Est-il fréquent d’être atteint de la COVID-19 sans le savoir (c.-à-d., être asymptomatique)?

En l’absence de dépistage universel, il est difficile de savoir combien de personnes sont infectées sans le savoir. Des études ont tenté d’estimer le nombre de personnes porteuses du SRAS-CoV-2 qui demeurent asymptomatiques. Une récente revue systématique a estimé à 20 pour cent la proportion de personnes porteuses du SRAS-CoV-2 n’ayant jamais présenté de symptômes. Étant donné que les personnes peuvent avoir un test de COVID-19 positif avant de présenter des symptômes (durant la période présymptomatique), même ceux qui n’ont aucun symptôme au moment du test peuvent éventuellement devenir symptomatiques.

 

2. Les patients asymptomatiques ou présymptomatiques peuvent-ils propager le virus?

Oui, il semble que ce soit le cas. Des études épidémiologiques ont montré que les personnes atteintes de COVID-19 asymptomatiques transmettent autant le SRAS-CoV-2 que les personnes symptomatiques. C’est l’une des raisons pour lesquelles les couvre-visages et la distanciation physique se sont révélés efficaces; ces mesures contribuent à réduire la propagation par des gens qui ne savent pas qu’ils sont infectés.

 

3. J’ai été identifié comme contact étroit d’un cas confirmé de COVID-19. Pourquoi faut-il que je sois en quarantaine si mon test par écouvillon était négatif?

Le test viral par prélèvement nasal permet de confirmer la présence de matériel génétique provenant du SRAS-CoV-2, qui n’est détectable que durant un certain temps après l’infection. La période d’incubation du virus peut durer jusqu’à 14 jours. Donc, votre test peut être négatif durant les premiers jours suivant l’exposition, puis devenir positif quelques jours plus tard. Cela est dû au fait qu’il faut parfois jusqu’à 14 jours pour que le virus devienne détectable. C’est pourquoi tous les contacts connus de cas avérés devraient s’isoler pendant 14 jours, même si leur analyse virale est négative. 

 

4. Est-ce que je dois subir un dosage d’anticorps pour vérifier mon immunité?

Les dosages d’anticorps indiquent si l’organisme a développé ou non une réponse immunitaire contre le SRAS-CoV-2. On ignore pour l’instant si un dosage d’anticorps positif signifie réellement que vous êtes immunisé (c.-à-d., à l’abri d’une infection ou d’une réinfection). D’une manière ou d’une autre, il y a un faible risque qu’un résultat faux positif soit dû à des anticorps générés contre d’autres infections à coronavirus saisonnières. Même les gens qui ont un test d’anticorps positif devraient continuer d’appliquer des mesures pour se protéger eux-mêmes et protéger autrui.

 

5. Comment faire la différence entre la grippe et la COVID-19?

Le virus de la grippe et le SRAS-CoV-2 sont deux agents pathogènes respiratoires contagieux à l’origine de maladies qui vont d’une infection bénigne des voies respiratoires supérieures à la pneumonie grave, et les deux peuvent être fatals. Les tests sont la seule façon de les distinguer parce que les symptômes de la grippe et de la COVID-19 peuvent être similaires. Durant la présente saison de la grippe, les patients qui ont des symptômes devraient subir un test pour le virus de la grippe, le SRAS-CoV-2 et d’autres agents pathogènes respiratoires, selon le cas et les facteurs cliniques et épidémiologiques en présence.

 

6. Qu’est-ce que le remdésivir et qui devrait le recevoir?

Le remdésivir est un antiviral qui agit en bloquant la réplication du SRAS-CoV-2, et son utilisation est autorisée pour les cas graves de COVID-19 nécessitant une hospitalisation. Fait à noter, l’Organisation mondiale de la santé ne préconise pas son utilisation parce qu’il n’a pas été démontré qu’il améliore la survie. Le remdésivir a aussi été recommandé en association avec des corticostéroïdes, mais on ne dispose actuellement d’aucune donnée tirée d’essais cliniques à ce sujet.

 

7. Qu’est-ce que le nouveau médicament « bam-mab »?

Un nouveau traitement appelé bamlanivimab a récemment reçu l’approbation de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis pour utilisation d’urgence; il est actuellement examiné par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Il a été conçu en laboratoire à partir d’un anticorps identifié chez l’un des premiers patients qui a guéri de la COVID-19 aux États-Unis.

Le bamlanivimab est un anticorps qui cible la protéine S du SRAS-CoV-2 et qui l’empêche d’infecter les cellules. C’est un anticorps monoclonal, ce qui signifie qu’il a une cible virale unique, contrairement à la réponse de l’organisme humain, qui cible plusieurs parties du virus. Dans un essai randomisé, le bamlanivimab a réduit la quantité de SRAS-CoV-2 chez des patients qui présentaient une COVID-19 de légère à modérée. Il reste à déterminer s’il réduit la gravité ou la durée de la maladie, et des essais sur le bamlanivimab et d’autres anticorps monoclonaux sont en cours.

 

8. Si je contracte la COVID-19, combien de temps dureront mes symptômes?

On sait à présent que certains patients atteints de COVID-19 continuent de présenter des symptômes bien au-delà de la phase infectieuse aiguë. Ces patients ne sont pas toujours les plus gravement atteints non plus; une étude de cohorte a estimé qu’environ le tiers des cas de COVID-19 légers qui n’ont pas dû être hospitalisés présentaient encore des symptômes deux ou trois semaines après leur diagnostic. La toux et la fatigue étaient parmi les symptômes persistants les plus fréquents chez ces patients.

 

9. Si j’ai la COVID-19, à quel moment puis-je recommencer à voir des gens?

Si vous avez la COVID-19 et que n’avez pas besoin d’être hospitalisé, vous devriez vous isoler et éviter tout contact avec autrui, que vous ayez des symptômes ou non. Vous devriez demeurer en isolement pendant au moins 10 jours et jusqu’à ce que votre professionnel de la santé ou les autorités de la santé publique jugent que vous ne posez plus de risque de propagation du virus à autrui. 

 

10. Quels sont les risques de contracter de nouveau la COVID-19?

Même si le phénomène semble rare, quelques cas de réinfection ont été rapportés. Chaque jour, on en apprend plus sur la réponse immunitaire au SRAS-CoV-2, mais on ignore encore si tout le monde développe une immunité protectrice après l’infection. Les gens qui ont eu la COVID-19 devraient continuer d’appliquer les mesures de distanciation physique et porter le couvre-visage après leur hospitalisation et/ou période d’isolement. 

 

Pour en savoir plus, consultez la page thématique COVID-19 (Novel Coronavirus) dans DynaMed. 

L’article original a été publié sur la plateforme EBSCO Health Notes. Rédigé par :

  • Vito Iacoviello, M.D., rédacteur en chef adjoint de la section infectiologie, allergologie et immunologie chez DynaMed; et
  • Heather D. Marshall, Ph. D., rédactrice médicale principale de la section infectiologie, allergologie et immunologie, et spécialiste des médias numériques chez DynaMed.

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Ce document est publié uniquement à titre informatif. Il ne remplace en rien un avis médical en bonne et due forme et ne doit pas être considéré comme une série de conseils médicaux ou personnels. Les auteurs s’expriment à titre personnel, et leurs opinions ne reflètent pas nécessairement celles de l’Association médicale canadienne et de ses filiales, y compris Joule. 

À propos de l’auteur

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