Skip to main content

La COVID-19 en 2022 : 10 choses à savoir maintenant

Il y a près de deux ans paraissait un premier bulletin d’information EBM Focus sur la COVID intitulé COVID-19 : 10 choses à savoir. En voyant les questions posées dans cette première édition (« Est-il sécuritaire de prendre de l’ibuprofène lorsqu’on est atteint de la COVID-19? ») et même dans la deuxième, 10 choses à savoir sur la COVID-19 MAINTENANT (« Les suppléments peuvent-ils être utiles pour prévenir la COVID-19 ou en réduire la gravité? »), on voit clairement le long chemin parcouru. Nous amorçons 2022 armés de vaccins et de traitements, mais aussi confrontés à de nouveaux variants. Voici les réponses à dix questions sur la COVID-19 que vous pourriez vous poser en ce début d’année.

 

1. À quel point le variant Omicron est-il contagieux?

Le variant Omicron est de deux à trois plus contagieux que le variant Delta. Dans un monde prêt à en finir avec cette pandémie, ce nouveau variant suscite des inquiétudes en lien avec sa transmissibilité accrue et l’efficacité réduite des vaccins. Omicron présente des dizaines de mutations de la protéine de spicule, cible des anticorps monoclonaux et vaccins actuels. Les chercheurs pensent que ces mutations se sont produites chez une seule personne immunodéprimée sur une période d’environ 10 mois, plutôt que de s’accumuler dans une même souche au fil des transmissions successives. Les premières études portant sur les ménages et les contacts (non corrigées en fonction de la vaccination ou des infections antérieures) montrent que 19 % des cas index du variant Omicron ont entraîné un cas secondaire au sein du ménage, contre 8 % pour le variant Delta (rapport de cotes ajusté de 3,2 [IC de 95 % : 2,0-5,0; p < 0,001]). Pour en savoir plus, lisez le dernier billet de blogue d’EBSCO Health Notes sur le variant Omicron.

 

2. Les vaccins sont-ils toujours efficaces contre le variant Omicron?

Oui, après une dose de rappel. Dans une récente étude cas-témoins (non révisée par les pairs) sur l’efficacité des vaccins, menée sur 581 personnes infectées par le variant Omicron, on a observé des taux de protection de 70 % à 75 % contre les infections symptomatiques chez les patients ayant reçu une dose de rappel, contre seulement 30 % chez ceux n’ayant reçu que la première série (deux doses). Il importe toutefois de noter que deux doses du vaccin de Pfizer offraient toujours une protection de 70 % contre les formes graves nécessitant une hospitalisation. Les patients étudiés avaient reçu une première série de vaccins de Pfizer ou d’AstraZeneca, mais toutes les doses de rappel étaient de Pfizer. Bien que d’après ces premières données, l’efficacité globale du vaccin semble nettement inférieure contre Omicron comparativement au variant Delta, un taux de protection de 75 % est tout de même considéré comme étant de modéré à élevé, justifiant ainsi la poursuite des efforts pour vacciner autant de personnes que possible. Les données de laboratoire fournies par Moderna et Johnson & Johnson font état d’une efficacité similaire contre Omicron, mais les rapports cliniques de leurs vaccins restent à venir.

 

3. Devrait-on recommander des vaccins différents pour la dose de rappel?

Possiblement. S’il est désormais évident qu’aucun vaccin ne procure une immunité à vie contre tous les variants de la COVID, on pense que les vaccins à ARNm seraient plus faciles à produire et potentiellement plus efficaces à long terme. On assiste actuellement à une intéressante expérience pratique à l’échelle mondiale, alors qu’un grand nombre de personnes ont reçu un premier vaccin, puis une dose de rappel d’un autre vaccin. Parmi les avantages théoriques possibles de cette option, on pense à l’exposition à divers antigènes, ou encore à l’activation de différentes parties du système immunitaire; du côté des inconvénients, on peut évoquer les différents effets secondaires potentiels et un manque de clarté dans les messages de santé publique. Le mélange de vaccins est une nécessité dans certains contextes, et fait aussi l’objet d’essais cliniques. Les premiers résultats semblent favorables, mais il faudra plus de données à long terme pour tirer des conclusions. Pour en savoir plus, consultez la page thématique COVID-19 (Novel Coronavirus) dans DynaMed.

 

4. Peut-on administrer en même temps les vaccins contre la COVID et contre la grippe?

Tout à fait. Dans un premier temps, le CCNI au Canada ainsi que les CDC ont recommandé un délai d’au moins 14 jours entre les vaccins contre la grippe et la COVID-19, en raison du manque de données et pour éviter que des effets secondaires ne soient attribués à tort aux vaccins contre la COVID-19. Toutefois, les données probantes actuelles justifient la vaccination concomitante comme pratique standard. Le CCNI recommande cependant un délai de 14 jours pour les enfants de 5 à 11 ans. Dans un essai randomisé multicentrique mené au Royaume-Uni, on a étudié l’administration concomitante de deux vaccins contre la COVID-19 (ceux de Pfizer et d’AstraZeneca) avec trois vaccins antigrippaux inactivés. D’après les journaux tenus par les participants, l’incidence des réactions systémiques était la même, quel que soit le groupe. De plus, la réponse immunitaire suscitée par les vaccins contre la COVID-19 et la grippe (mesurée par l’inhibition immunitaire de la protéine de spicule du SRAS-CoV-2 et de l’hémagglutinine) était intacte. Ainsi, l’administration concomitante des vaccins contre la COVID-19 et la grippe a produit des effets secondaires similaires et n’a pas altéré la réponse immunitaire. Une telle façon de procéder permet non seulement de protéger la personne contre les infections, mais aussi de réduire le fardeau du système de santé.

5. Les vaccins contre la COVID-19 sont-ils sûrs durant la grossesse?

Oui. De nombreux organismes, dont la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC), les CDC et l’American College of Obstetricians and Gynecologists, recommandent actuellement la vaccination contre la COVID-19, y compris la dose de rappel, durant la grossesse et l’allaitement. D’après les études de cohorte, il semble que les vaccins soient sûrs et efficaces pour prévenir les infections. Pour en savoir plus, consultez la page thématique COVID-19 and Pregnant Patients dans DynaMed.

 

6. Quelle est la fiabilité des tests antigéniques utilisés à la maison?

Les données ne sont pas très bonnes. On serait porté à penser que les tests de détection de la COVID pour la maison, maintenant offerts gratuitement par de nombreux gouvernements, sont fiables. Toutefois, dans une étude menée en 2020 où l’on comparait divers tests RT-PCR (échantillons autoprélevés) et à des tests antigéniques rapides, les taux de détection étaient de 51 à 82 % pour les tests diagnostiques moléculaires, contre 12 % pour les tests rapides. Tous les tests ont donné de meilleurs résultats lorsqu’ils étaient effectués dans les neuf jours suivant l’apparition des symptômes, comparativement aux tests effectués plus tard ou chez des personnes asymptomatiques. Le portrait est un peu plus encourageant si l’on se fie à une revue Cochrane faite en 2021 et portant sur 48 études évaluant des tests antigéniques commerciaux. Ceux-ci y ont démontré une sensibilité de 69 % (IC de 95 % : 62 %-75 %) et une spécificité de 99,6 % (IC de 95 % : 99 %-99,8 %). Selon les recommandations actuelles, y compris celles de Santé Canada, après avoir utilisé un test antigénique, il faut procéder à un test de confirmation en cas de résultat positif, et s’isoler de toute façon en cas de résultat négatif. Sur un sujet connexe, de nouvelles données montrent que pour détecter le variant Omicron avec les tests RT-PCR, les échantillons de salive seraient plus performants que l’écouvillonnage du cornet moyen. Pour en savoir plus, consultez la page thématique COVID-19 (Novel Coronavirus) dans DynaMed.

 

7. Quelle est l’efficacité de l’antiviral molnupiravir?

Son efficacité semble assez bonne, du moins contre le variant Delta. Ce médicament antiviral oral, actuellement à l’examen aux fins d’autorisation par Santé Canada, a été approuvé par la FDA pour les situations d’urgence impliquant des adultes à risque qui sont atteints d’une forme légère à modérée de la COVID-19, le traitement devant commencer dans les cinq jours suivant l’apparition des symptômes. Dans l’essai MOVe-OUT, mené entre mai et novembre 2021, on a réparti aléatoirement en deux groupes 1 433 adultes non hospitalisés et non vaccinés atteints d’une forme légère à modérée de la COVID-19 et présentant au moins un facteur de risque de maladie grave. Pendant cinq jours, un groupe a été traité au molnupiravir (800 mg deux fois par jour) tandis que l’autre a reçu un placebo, l’expérience commençant toujours dans les cinq jours suivant l’apparition des symptômes. Lors d’une analyse intermédiaire planifiée, réalisée lorsque 50 % des patients avaient été suivis pendant 29 jours, on a observé que le molnupiravir avait significativement diminué le risque de décès ou d’hospitalisation, toutes causes confondues, par rapport au groupe témoin (7,3 % contre 14,1 %, p = 0,001). Notons par ailleurs que d’après les études sur les animaux, le molnupiravir n’est pas considéré comme sûr pour les enfants ou les femmes enceintes. Pour en savoir plus, consultez la page thématique Management of COVID-19 dans DynaMed.

 

8. Quelles sont les dernières nouvelles concernant le remdésivir?

Bien que la saga du remdésivir ne soit pas terminée, ce médicament pourrait finalement s’avérer utile. Les résultats de l’essai SOLIDARITY de l’OMS ont été décevants, le médicament n’ayant pas amélioré le taux de survie, lorsqu’ajouté aux soins standards des patients hospitalisés. Cependant, deux méta-analyses indiquent que le remdésivir réduirait le besoin de ventilation mécanique chez les patients traités par oxygénothérapie. Plus récemment, on a aussi observé qu’un traitement de trois jours au remdésivir sur des patients externes atteints de la COVID-19 légère à modérée a réduit l’incidence composite d’hospitalisation ou de décès, bien que dans les faits personne ne soit décédé pendant l’étude de 28 jours. Dans l’ensemble, les données sur le remdésivir sont prometteuses en ce qui concerne la prévention des hospitalisations et des formes de maladie plus graves. Pour en savoir plus, consultez la page thématique Management of COVID-19 dans DynaMed.

 

9. La fluvoxamine est-elle un traitement possible pour la COVID-19?

Pour l’instant, il semble que l’utilisation de la fluvoxamine doive se restreindre au traitement des troubles obsessionnels-compulsifs. Dans l’étude la plus importante menée à ce sujet (essai TOGETHER), on a évalué l’effet de la molécule chez des personnes souffrant de COVID-19 symptomatique et présentant un risque élevé de développer une maladie grave. L’essai randomisé portait sur 1 497 adultes brésiliens qui ont reçu pendant 10 jours soit de la fluvoxamine (200 mg par jour), soit un placebo. La fluvoxamine a été associée à une diminution de l’incidence composite de maintien dans un service d’urgence ou de transfert dans un hôpital tertiaire (11 % contre 16 %). Cependant, il n’y avait pas de différence significative dans le risque d’hospitalisation en raison de la COVID-19 ou de décès entre les deux groupes. Selon l’Infectious Disease Society of America (IDSA), la fluvoxamine ne devrait être envisagée que pour des patients non hospitalisés dans le cadre d’un essai clinique. Pour en savoir plus, consultez la page thématique Management of COVID-19 dans DynaMed.

 

10. Que savons-nous sur la « COVID de longue durée »?

Le terme « COVID de longue durée » désigne un groupe hétérogène de plus de 50 affections et symptômes qui, outre l’infection antérieure à la COVID qu’ils ont en commun, sont mal définis. Selon la définition que semble privilégier l’OMS, la COVID de longue durée serait liée à des symptômes durant entre un et trois mois après une infection connue, tandis que le « syndrome post-COVID » serait lié à des symptômes qui perdurent au-delà de trois mois. Il est évident que la quasi-totalité de l’humanité a souffert mentalement en raison de la COVID-19, mais pour les personnes qui ont été infectées, on voit qu’elles présentent souvent des séquelles objectivement mesurables, dont une diminution de la fonction cardiaque détectable par échographie, des cicatrices pulmonaires apparaissant à la TDM et des changements cérébraux visibles par IRM (des problèmes qui contribuent probablement aux trois symptômes les plus courants : fatigue, dyspnée et changements cognitifs). En outre, bien qu’il existe une certaine corrélation entre la gravité de l’infection initiale et les symptômes à long terme, on remarque que de nombreuses personnes souffrant de la COVID de longue durée sont des jeunes qui étaient auparavant en bonne santé et dont l’infection initiale était légère, voire asymptomatique. Même si on peut espérer obtenir plus de réponses en 2022, la COVID de longue durée semble aussi répandue que sérieuse, d’où un possible avantage supplémentaire de la vaccination par rapport au traitement. Pour en savoir plus sur le sujet, consultez la page thématique Management of COVID-19 dans DynaMed.

 

 

Pour en savoir plus, consultez la page thématique COVID-19 (Novel Coronavirus) dans DynaMed. 

L’article original a été publié en anglais dans le bulletin EBM Focus. 

Les membres de l’AMC ont accès à DynaMed, un outil clinique de référence d’une valeur annuelle de 399 $ US compris dans leurs frais d’adhésion.

Vous avez une question sur la COVID-19 ou sur un autre sujet clinique? Communiquez avec l’équipe du service Interrogez nos bibliothécaires et demandez une recherche documentaire.

À propos de l’auteur

DynaMed est un outil conçu à l’intention des cliniciens pour faciliter les soins efficaces fondés sur des données probantes. Des médecins et des spécialistes effectuent de rigoureuses revues quotidiennes de publications médicales pour vous proposer des analyses, des synthèses et des conseils objectifs en temps opportun. DynaMed fournit des renseignements sur les médicaments de Micromedex, des lignes directrices canadiennes et internationales et des illustrations médicales. Les membres de l’AMC ont accès à DynaMed, un outil clinique d’une valeur de 399 $ US par an compris dans leurs frais d’adhésion.