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Lésions causées par la variole simienne : que savons-nous jusqu’à maintenant?

Dernière mise à jour : 30 août

Vous êtes sans doute au courant de l’épidémie de variole simienne, qui a été identifiée dans 89 pays, dont 82 n’avaient auparavant jamais eu de cas signalé. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé la variole simienne comme une urgence de santé mondiale, le nombre de cas étant toujours à la hausse dans le monde. Avant l’épidémie de 2022, la majorité des cas survenaient en Afrique centrale et occidentale, et presque tous les cas signalés en dehors de l’Afrique étaient liés à des voyages internationaux ou à des animaux importés de régions endémiques.

La variole simienne est une maladie virale liée à la variole. Elle se manifeste par de la fièvre, de la fatigue et de la myalgie, mais l’un des symptômes les plus courants est une éruption cutanée qui souvent s’apparente à celles associées à l’herpès, au chancre mou et aux infections par le virus varicelle-zona (zona). Les lésions peuvent apparaître dans les régions génitale ou périanale de même que sur les mains, les pieds, la poitrine et le visage (y compris dans la bouche). La plupart des gens en présentent de 10 à 150, mais il est aussi possible d’en avoir une seule ou même jusqu’à 200. Fait intéressant, les éruptions cutanées se comportent différemment lors de l’épidémie actuelle : contrairement à celles observées lors d’autres épidémies de variole simienne, elles n’apparaissent pas nécessairement à de nombreux endroits sur le corps, pouvant plutôt être localisées dans les régions génitale ou périanale.

Les éruptions cutanées dues à la variole simienne évoluent en plusieurs phases; elles peuvent être prurigineuses ou douloureuses et initialement ressembler à des boutons ou à des cloques. C’est souvent la douleur qui amène une personne à vouloir se faire traiter. La chronologie d’apparition des lésions varie : les premières lésions surviennent habituellement dans les régions génitale ou périanale, mais peuvent aussi apparaître sur les mains, les pieds, la poitrine ou le visage. Des lésions maculaires (planes, non palpables) se présentent en l’espace d’un à deux jours. Ensuite, les lésions deviennent papulaires (surélevées) pendant quelques jours, après quoi une éruption vésiculaire apparaît et persiste pendant un à deux jours (lésions surélevées et remplies de liquide clair). La prochaine phase d’apparition des lésions dure entre cinq et sept jours, période durant laquelle des pustules (surélevées, profondes et remplies de liquide opaque) se forment. En général, ces lésions sont rondes et se caractérisent par une dépression au centre. Enfin, les pustules commencent à former des croûtes qui finissent par tomber au bout d’une à deux semaines.

Caractéristiques des manifestations cutanées de la variole simienne : pustules ombiliquées sur le visage et les lèvres, certaines étant croûteuses au centre (première photo); vésicopustule avec base érythémateuse (deuxième photo); pustules avec base érythémateuse (troisième photo); pustules sur la face antérieure du poignet, la paume et l’abdomen (quatrième photo). Images utilisées avec l’autorisation des CDC (Centers for Disease Control and Prevention).

Caractéristiques des manifestations cutanées de la variole simienne : pustules ombiliquées sur le visage et les lèvres, certaines étant croûteuses au centre (première photo); vésicopustule avec base érythémateuse (deuxième photo); pustules avec base érythémateuse (troisième photo); pustules sur la face antérieure du poignet, la paume et l’abdomen (quatrième photo). Images utilisées avec l’autorisation des CDC (Centers for Disease Control and Prevention). Toute référence faite à des produits commerciaux, des fabricants, des entreprises ou des marques de commerce ne constitue pas une approbation ni une recommandation de la part du gouvernement américain, du Department of Health and Human Services ou des CDC. Ce document est par ailleurs disponible gratuitement sur le site Web des CDC : Clinical Recognition | Monkeypox | Poxvirus | CDC.

Les symptômes de la variole simienne apparaissent habituellement dans les trois semaines suivant l’exposition; si la personne a de la fièvre, elle présentera probablement une éruption cutanée un à quatre jours plus tard. La maladie dure généralement de deux à quatre semaines. Les personnes sont contagieuses tant qu’elles ont des lésions.

Comme les éruptions cutanées liées à la variole simienne s’apparentent à celles dues à plusieurs autres affections, l’un des défis consiste à affiner le diagnostic différentiel. Les schémas de propagation et d’évolution des lésions donnent des indices. Une caractéristique distincte des éruptions cutanées liées à la variole simienne est l’évolution des lésions, qui se fait dans un ordre donné : 1) macules; 2) papules; 3) vésicules; 4) pustules; 5) croûtes. Si l’on soupçonne la présence de variole simienne, on peut effectuer un test d’amplification en chaîne par polymérase (test PCR).

Pustules ombiliquées sur le front, certaines étant croûteuses (à gauche). Mains présentant des vésicules érodées au même stade de guérison chez une personne en période de récupération (à droite).

Pustules ombiliquées sur le front, certaines étant croûteuses (à gauche). Mains présentant des vésicules érodées au même stade de guérison chez une personne en période de récupération (à droite). Déclaration des droits d’auteur : Image de droite utilisée avec l’autorisation de DermNet NZ; image de gauche utilisée avec l’autorisation des CDC et de Science Photo Library.

Dans le contexte de l’épidémie de 2022, bon nombre de cas concernent des lésions localisées dans les régions génitale ou périanale, ce qui a entraîné une confusion avec des ITS (infections transmissibles sexuellement) courantes. La présence de variole simienne doit être envisagée lorsqu’une éruption cutanée apparaît dans ces régions corporelles, surtout si la personne a voyagé dans une zone endémique ou a été en contact étroit avec quelqu’un présentant une éruption cutanée d’apparence similaire, ou si la personne est un homme qui a des rapports sexuels avec des hommes. Bien que l’épidémie de 2022 se propage principalement chez les hommes homosexuels, notons qu’elle ne se limite pas à cette population et que la présence de variole simienne doit être envisagée chez ceux et celles (y compris les enfants) qui présentent une éruption cutanée caractéristique.

Un traitement par le técovirimat est offert aux personnes chez qui la variole simienne entraîne des complications graves (p. ex. maladie hémorragique, lésions confluentes, septicémie, encéphalite ou d’autres complications nécessitant une hospitalisation) ou des lésions mucocutanées (p. ex. yeux, bouche, organes génitaux ou anus), où l’infection peut constituer un danger particulier.

Des études ont démontré que la vaccination contre la variole réduit le risque de contracter la variole simienne, le vaccin antivariolique étant efficace à environ 85 % pour prévenir la variole simienne. Toutefois, bien des gens de moins de 50 ans n’ont pas reçu ce vaccin, puisqu’il a cessé d’être administré systématiquement au Canada et aux États-Unis en 1972, le dernier cas naturel ayant été diagnostiqué en 1977. L’Assemblée mondiale de la Santé a annoncé l’éradication complète de la variole en 1980.

Même si la variole simienne se propage, elle est toujours jugée assez rare (moins de 50 000 cas à l’échelle mondiale en date du 30 août 2022). Par contre, si une personne soupçonne être atteinte de variole simienne, elle doit prendre les mesures nécessaires pour prévenir la propagation du virus (c’est-à-dire qu’elle doit se tenir à l’écart des gens et des animaux et qu’elle ne doit pas partager ce qu’elle a touché avec les autres) et communiquer avec un professionnel ou une professionnelle de la santé.

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L’article original, par Lucia Kubik, M. Sc. inf., IA, a été publié en anglais dans le bulletin EBM Focus.

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