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Prophylaxie préexposition et postexposition : les médicaments peuvent-ils prévenir la COVID-19?

Pour prévenir les formes graves de la COVID-19, la vaccination reste le moyen le plus efficace. Cependant, pour certaines personnes, la vaccination est contre-indiquée pour une raison médicale, par exemple parce qu’elles ont eu une grave réaction allergique lors de la première dose ou qu’elles souffrent d’une allergie diagnostiquée à l’un des composants du vaccin. D’autres encore présentent une immunodépression qui empêche leur organisme de produire une réponse immunitaire suffisante lors de la vaccination. Des solutions prophylactiques de rechange pour ces personnes sont à l’étude, mais restent peu nombreuses.

 

Prophylaxie préexpostion

La prophylaxie préexpostion (PPrE) est une méthode de prévention de la COVID-19 pour les personnes sans exposition connue à la maladie. L’association du tixagévimab et du cilgavimab (Evusheld), deux anticorps monoclonaux, est recommandée comme PPrE pour les personnes de plus de 12 ans et pesant plus de 40 kg (88 livres) pour qui la vaccination est médicalement contre-indiquée ou qui présentent une immunodépression modérée à grave. L’Evusheld (en cours d’examen au Canada) ne remplace toutefois pas la vaccination et ne doit pas être utilisé pour les personnes refusant d’être vaccinées par choix.

Lors de l’essai non publié PROVENT, on a constaté que deux injections intramusculaires consécutives d’Evusheld réduisaient l’incidence de COVID-19 symptomatique d’environ 80 %. Bien que la durée de protection soit incertaine, une analyse post hoc a montré une réduction similaire du risque six mois après l’injection. Les personnes qui restent admissibles peuvent recevoir une autre dose d’Evusheld après six mois.

 

Prophylaxie postexposition

La prophylaxie postexposition (PEP) est une méthode de prévention de la COVID-19 après une exposition connue. Avant la vague Omicron, deux associations d’anticorps monoclonaux étaient recommandées pour la PEP : le casirivimab avec l’imdévimab (REGEN-COV), dont l’utilisation est autorisée au Canada, de même que le bamlanivimab avec l’étésévimab (en cours d’examen au Canada).

Dans un essai clinique mené entre janvier et mars 2021, le REGEN-COV a diminué d’environ 80 % l’incidence de COVID-19 symptomatique chez les personnes résidant avec une autre personne ayant la COVID-19. En outre, chez celles qui ont contracté la maladie malgré la PEP, le REGEN-COV a réduit la durée des symptômes de deux semaines.

L’efficacité de l’association bamlanivimab et étésévimab pour la PEP n’a pas encore été évaluée dans un essai clinique. Cependant, dans un essai clinique réalisé entre août et novembre 2020 dans des établissements de soins infirmiers spécialisés et des résidences assistées, une PEP avec le bamlanivimab seul a réduit les risques d’infection à la COVID-19 chez les résidents non vaccinés.

Ces études montrent l’efficacité des anticorps monoclonaux pour la PEP durant les phases précédant l’arrivée du variant Omicron. Aucune des associations susmentionnées n’étant efficace contre celui-ci, elles ne sont plus recommandées depuis février 2022. Cependant, elles pourraient redevenir utiles pour la PEP avec l’éventuelle émergence d’un autre variant du SRAS-CoV-2.

 

Médicaments non recommandés pour la prophylaxie contre la COVID-19

Divers autres agents font l’objet d’essais cliniques pour la PPrE et la PEP, comme le sotrovimab, l’association de l’emtricitabine avec le ténofovir alafénamide ou le fumarate de ténofovir disoproxil, l’association lopinavir-ritonavir, l’hydroxychloroquine et l’ivermectine, ainsi que des suppléments tels que le zinc, la vitamine C et la vitamine D. Aucun de ces agents n’est actuellement recommandé pour la prophylaxie contre la COVID-19. 

Bien que peu de personnes fassent l’objet d’une authentique contre-indication médicale à la vaccination contre la COVID-19, les cas d’immunodépression due à un cancer ou à une transplantation (et aux traitements connexes), à un déficit immunitaire primaire ou à la prise de médicaments immunosuppresseurs pour divers troubles sont fréquents. L’accès à des options de prophylaxie contre la COVID-19 est donc essentiel à la santé et au bien-être de ces populations à haut risque.

Autres publications sur la COVID-19 présentées par les rédacteurs de DynaMed :

Cinq grandes questions sur le variant Omicron

Traitement ambulatoire de la COVID-19 : Quelles sont les options et qui y est admissible?

Traitement à base d’anticorps monoclonaux antiviraux contre la COVID-19 : est-ce efficace?

 

Pour en savoir plus, consultez la page thématique COVID-19 (Novel Coronavirus) dans DynaMed. 

L’article original a été publié en anglais dans le bulletin EBM Focus. Rédigé par :

  • Vito Iacoviello, M.D., rédacteur en chef adjoint de la section infectiologie, allergologie et immunologie chez DynaMed;
  • Heather D. Marshall, Ph. D., responsable du contenu en matière de santé publique chez DynaMed.

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À propos de l’auteur

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