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Que sait-on jusqu’à présent sur la réinfection par le SRAS-CoV-2?

Après la guérison, certaines infections induisent une immunité à vie, alors que, pour d’autres, l’immunité diminue au fil du temps. La durée de l’immunité contre le SRAS-CoV-2 demeure pour le moment incertaine, même si elle fait l’objet d’intenses recherches. Certes, il faudra du temps pour déterminer cette durée, mais nous pouvons commencer à interpréter les corrélats de la protection pour estimer le risque de réinfection.

 

Qu’entend-on exactement par une réinfection par le SRAS-CoV-2?

Dans le cas du SRAS-CoV-2, une réinfection se définit comme une infection par un virus SRAS-CoV-2 génétiquement distinct de celui qui a causé l’épisode initial. Cette définition est nécessairement stricte, car deux tests positifs, même séparés dans le temps, peuvent ne pas indiquer une véritable réinfection. Certaines personnes sont porteuses d’un virus détectable pendant des semaines ou des mois, ce qui peut indiquer une infection chronique ou une récidive du virus initial. Le problème posé par une définition stricte de la réinfection découle du fait que tous les isolats viraux ne font pas l’objet d’un génotypage. Autrement dit, les échantillons respiratoires des patients ne sont pas soumis à un séquençage systématique pour identifier les lignées génétiques du virus. En l’absence d’un génotypage complet, il est difficile d’estimer la prévalence de réinfection parmi les patients qui se sont rétablis de la COVID-19.

 

À quelle fréquence se produit la réinfection par le SRAS-CoV-2?

Le COVID-19 Reinfection Tracker de BNO News aux Pays-Bas fait état de 72 cas de réinfection par le SRAS-CoV-2 confirmés dans le monde. Cette ressource, mise à jour quotidiennement, fournit des renseignements détaillés et des références pour tous les cas de réinfection confirmés. D’après ces données, la réinfection est survenue en moyenne 104 jours après l’épisode initial, et trois personnes sont décédées des suites de leur deuxième épisode de COVID-19. Des dizaines de milliers de cas de réinfections présumés sont en attente de confirmation, mais ce taux laisse penser que la réinfection par le SRAS-CoV-2 pourrait être assez rare.

A contrario, selon une étude de surveillance menée auprès de travailleurs de la santé en Angleterre, on a estimé que la réinfection par le SRAS-CoV-2 atteignait près de 2 % des cas, soit un taux très supérieur à celui de l’étude de BNO. Toutefois, les limites de cette seconde étude permettent d’expliquer un tel taux. Premièrement, la constitution génétique du virus n’a pas été évaluée. En effet, la définition de la réinfection dans cette étude correspondait à deux tests de PCR positifs à plus de 90 jours d’intervalle. Rien ne permet de dire que tous les tests positifs du second épisode correspondaient à une véritable réinfection. Qui plus est, tous les participants à cette étude ont fait l’objet d’un dépistage par PCR et d’un test d’anticorps, et une réinfection asymptomatique est survenue chez près de la moitié d’entre eux. Cette donnée est importante, car elle constitue probablement la preuve d’une protection immunologique (infection par le virus sans COVID-19 symptomatique). Néanmoins, il s’avère utile de connaître le taux de réinfection sans symptômes, car il existe toujours un risque de transmission. Ces personnes ne doivent toutefois pas être considérées comme de véritables cas de réinfection par le SRAS-CoV-2.

 

Comment les variants du SRAS-CoV-2 contribuent-ils à la réinfection?

La propagation des variants du SRAS-CoV-2 joue également un rôle important dans le taux de réinfection, car les virus dotés de la capacité d’échapper à l’immunité disposeraient d’un avantage. Cet élément se révèle particulièrement pertinent pour les patients qui se sont rétablis de la COVID-19 au cours de la première vague (celle du printemps 2020), lorsque la souche originale du SRAS-CoV-2 était prédominante. Selon la progression de la pandémie, ponctuée par l’apparition de variants dans différentes zones géographiques, le moment et le lieu de survenue de l’infection constituent des facteurs importants du risque de réinfection.

Dans le cadre d’une étude portant sur la population menée au Danemark, on a estimé la protection contre la réinfection à 80 % entre la première et la deuxième vague de la pandémie (0,65 % des patients ayant eu la COVID-19 pendant la première vague ont été à nouveau malades pendant la deuxième vague). Cette étude a également fait état d’une meilleure protection chez les jeunes que chez les personnes de plus de 65 ans. Malheureusement, comme pour l’étude de surveillance susmentionnée, on n’a pas procédé non plus à une analyse génotypique des souches virales lors de cette étude, ce qui remet en question le taux de réinfection estimé.

 

Qu’est-ce qu’une maladie post-vaccinale?

Différente de la réinfection, la maladie post-vaccinale fait référence au développement de la COVID-19 après une vaccination complète. Selon les essais cliniques, l’efficacité des vaccins oscille entre 70 % et plus de 95 % respectivement pour les vaccins à vecteur adénovirus et à ARN messager (ARNm). Dans une étude portant sur une campagne de vaccination nationale menée auprès de plus de trois millions de personnes en Israël, le vaccin à ARNm de Pfizer-BioNTech s’est avéré efficace à plus de 90 % pour prévenir l’infection par le SRAS-CoV-2 et la COVID-19 symptomatique, une indication de la très haute efficacité du vaccin en contexte réel. Cependant, tout comme la protection contre la réinfection due à l’immunité développée après l’infection, la protection obtenue par les vaccins pourrait être contournée par un variant capable d’échapper à l’immunité générée par le vaccin.

De manière générale, l’immunité induite par l’infection comme par le vaccin semble durer au moins six mois, voire beaucoup plus longtemps, comme on espère pouvoir le constater. Toutefois, on recommande aux personnes ayant eu la COVID-19 de se faire vacciner en raison de la grande variabilité individuelle de la dose infectieuse, de la réponse immunitaire et de l’évolution clinique. La surveillance génétique continue et les études longitudinales en cours permettront de préciser la durée de l’immunité contre le SRAS-CoV-2 et d’améliorer les estimations du risque de réinfection ou d’épidémie post-vaccinale au moment où nous retournerons à nos habitudes prépandémiques.

 

Pour en savoir plus, consultez la page thématique COVID-19 (Novel Coronavirus) dans DynaMed. 

L’article original a été publié sur la plateforme EBSCO Health Notes. Rédigé par :

  • Vito Iacoviello, M.D., rédacteur en chef adjoint de la section infectiologie, allergologie et immunologie chez DynaMed;
  • Heather D. Marshall, Ph. D., responsable du contenu en matière de santé publique chez DynaMed.

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À propos de l’auteur

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