Skip to main content

Réponses à cinq questions sur les vaccins contre la COVID-19 pour les enfants et les adolescents

D’après les renseignements disponibles au 11 août 2021

Même si la COVID-19 adopte souvent une forme moins grave chez les enfants et les adolescents, quelques-uns d’entre eux risquent d’être très malades ou de subir des séquelles incapacitantes comme le syndrome inflammatoire multisystémique. Jusqu’à ce qu’ils soient admissibles à la vaccination, les enfants peuvent aussi transmettre le virus et contribuer à faire durer la pandémie. Voici les réponses à cinq questions fréquentes sur les vaccins contre la COVID-19 pour les enfants et les adolescents :

Quels vaccins contre la COVID-19 sont autorisés chez les enfants?

Au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie et en Nouvelle-Zélande, seul le vaccin de Pfizer-BioNTech est autorisé à partir de 12 ans. En Europe, à ce vaccin s’ajoute celui de Moderna pour le même groupe d’âge. À l’heure actuelle, aucun vaccin n’est autorisé chez les moins de 12 ans.

Que savons-nous sur l’innocuité et l’efficacité des vaccins chez les adolescents?

Lors d’un essai chez plus de 2 000 adolescents de 12 à 15 ans, le vaccin de Pfizer-BioNTech s’est montré très efficace pour prévenir la COVID-19 symptomatique (aucun cas de COVID-19 dans le groupe vacciné contre 18 dans le groupe témoin). Le vaccin avait un profil d’innocuité favorable. Les symptômes systémiques les plus fréquents étaient similaires à ceux observés chez les adultes : fatigue, maux de tête, douleurs musculaires, frissons et fièvre.

La production d’anticorps neutralisants était plus grande chez les participants de 12 à 15 ans que lors d’un essai distinct chez les 16 à 25 ans. Étant donné ces résultats très prometteurs, les organismes de réglementation du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Europe ont étendu l’autorisation du vaccin de Pfizer-BioNTech à ce groupe d’âge.

Moderna a mené un essai chez plus de 3 000 adolescents de 12 à 17 ans aux États-Unis. Résultats : aucun cas de COVID-19 rapporté chez les participants vaccinés par rapport à quatre dans le groupe témoin. Il n’y avait pas de préoccupation importante relative à l’innocuité, et la majorité des événements indésirables présentaient une forme légère ou modérée. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a autorisé le vaccin chez les 12 ans et plus dans les pays de l’Union européenne, et il est probable que d’autres pays fassent de même bientôt.

Johnson & Johnson planifie actuellement son étude chez les 12 à 17 ans; le recrutement débutera à l’automne.

CoronaVac est un vaccin inactivé contre le SRAS-CoV-2 développé par Sinovac Life Sciences en Chine. Dans une analyse combinée d’études de phase 1 et 2 sur l’innocuité et l’augmentation de la dose, il s’est montré sécuritaire chez les enfants de 3 à 17 ans. CoronaVAC est aussi immunogène : il permet une production d’anticorps neutralisants proportionnelle à la dose.

Qu’en est-il de la vaccination des enfants de moins de 12 ans?

Des essais incluant des enfants d’à peine six mois sont en cours, mais il serait surprenant qu’on ait les données requises pour délivrer une autorisation chez les moins de 12 ans avant la rentrée scolaire. Pfizer teste une posologie réduite chez les 6 mois à 2 ans, les 2 à 5 ans et les 5 à 11 ans. Selon un représentant de l’entreprise, les données pour les 5 à 11 ans seront vraisemblablement disponibles en septembre. Moderna fait également l’essai d’une posologie réduite chez les jeunes enfants et devrait soumettre ses résultats d’ici la fin de l’année.

On a su récemment que la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis avait réclamé l’inclusion de plus d’enfants dans ces études avant la délivrance d’une autorisation d’utilisation d’urgence, ce qui suggère que le délai avant l’autorisation dans ce pays risque d’être plus long que prévu.

Peut-on combiner un vaccin contre la COVID-19 et d’autres vaccins?

Au Canada, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) recommande de ne pas administrer systématiquement les vaccins contre la COVID-19 en même temps que d’autres vaccins (vivants ou inactivés) en raison de l’absence de données probantes sur le potentiel d’interférence immunitaire et du risque de confusion dans l’attribution des événements indésirables. Le CCNI suggère un délai de 28 jours après une dose de vaccin contre la COVID-19 avant d’administrer d’autres vaccins, et un de 14 jours dans la situation inverse.

L’administration simultanée devrait se faire uniquement dans certaines circonstances, notamment en cas d’administration d’urgence pour la prophylaxie postexposition, de calendriers de vaccination accélérés ou d’un risque de ne pas pouvoir terminer la série de vaccination en raison d’un accès limité aux services de santé ou de l’indisponibilité à une date ultérieure. La recommandation est appelée à changer selon les données disponibles.

La Société canadienne de pédiatrie appuie ces recommandations.

Comment rendre les écoles plus sûres pour les enfants durant la pandémie?

Bien que la vaccination demeure la meilleure stratégie de prévention, les contre-mesures sociales, dont le port du masque, la distanciation physique et la ventilation améliorée, sont des outils pratiques qui seront essentiels dans les écoles à l’automne. L’Agence de la santé publique du Canada recommande le port du masque par tous les élèves, enseignants, membres du personnel et visiteurs dans les écoles. Quoique dérangeants, l’isolement des enfants dont le résultat du test de dépistage de la COVID-19 est positif et les fermetures de classes contribuent également à freiner la propagation du virus en milieu scolaire.

La vaccination des enfants et des adolescents sera une étape essentielle pour atteindre l’immunité collective et réduire le nombre de nouveaux variants.

 

Pour en savoir plus, consultez la page thématique COVID-19 (Novel Coronavirus) dans DynaMed.

L’article original a été publié sur la plateforme EBSCO Health Notes. Rédigé par :

  • Vito Iacoviello, M. D., rédacteur en chef adjoint de la section infectiologie, allergologie et immunologie chez DynaMed;
  • Heather D. Marshall, Ph. D., responsable du contenu en matière de santé publique chez DynaMed.

Les membres de l’AMC ont accès à DynaMed, un outil clinique de référence d’une valeur annuelle de 399 $ US compris dans leurs frais d’adhésion.

Vous avez une question sur la COVID-19 ou sur un autre sujet clinique? Communiquez avec l’équipe du service Interrogez nos bibliothécaires et demandez une recherche documentaire.

À propos de l’auteur

DynaMed est un outil conçu à l’intention des cliniciens pour faciliter les soins efficaces fondés sur des données probantes. Des médecins et des spécialistes effectuent de rigoureuses revues quotidiennes de publications médicales pour vous proposer des analyses, des synthèses et des conseils objectifs en temps opportun. DynaMed fournit des renseignements sur les médicaments de Micromedex, des lignes directrices canadiennes et internationales et des illustrations médicales. Les membres de l’AMC ont accès à DynaMed, un outil clinique d’une valeur de 399 $ US par an compris dans leurs frais d’adhésion.