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Se faire envoyer promener, littéralement! Un nouveau programme d’ordonnances de plein air fait des adeptes au Canada.

Le programme de subventions à l’innovation de Joule offre du financement, du soutien professionnel et des services de mentorat aux médecins et aux apprenants en médecine qui contribuent à améliorer les soins de santé. Cet article fait partie d’une série d’histoires sur les bénéficiaires de 2020 et leurs innovations.

La Dre Melissa Lem a grandi dans la banlieue de Toronto. Enfant, elle passait son temps dehors, à explorer le jardin familial, à jouer dans sa cabane perchée dans un arbre ou à grimper aux arbres dans le parc.

« Quand j’étais entourée par la nature, je me sentais en sécurité et en symbiose avec mon environnement. » – Dre Melissa Lem, directrice du programme PaRx

Devenue adulte, ses activités de plein air l’ont aidée à surmonter le stress occasionné par la résidence et, plus tard, par sa lourde charge de travail à titre de médecin de famille en milieu rural dans le nord de la Colombie-Britannique.

Mais ce n’est qu’une fois revenue s’établir à Toronto que la Dre Lem a pris conscience de la corrélation entre la nature et son bien-être personnel.

« À un certain moment, j’étais assise dans mon appartement, avec tous les bruits de la ville et les gratte-ciel visibles depuis ma fenêtre, et je me suis dit : “Mon travail est tellement plus facile ici, alors pourquoi est-ce que je me sens si stressée?” », se remémore-t-elle.

« Et ça m’est tombé dessus comme une évidence : la nature me manquait. »

Créer un mouvement autour de la nature et de la santé

En 2010, la Dre Lem faisait partie des rares médecins au Canada qui vantaient les nombreux bienfaits de la nature sur la santé mentale et physique. Elle a écrit des articles de blogue sur les recherches probantes pour le compte de plusieurs organismes environnementaux, notamment la Fondation David Suzuki, et a rapidement été invitée à prendre la parole lors de conférences et dans les médias.

Parallèlement, certains événements climatiques comme les tempêtes, les sécheresses et les feux de forêt ont commencé à avoir des répercussions de plus en plus négatives sur la santé de la population canadienne. Le stress lié à ces événements, de même que l’incertitude quant à l’avenir de la planète, contribuait à l’émergence d’une crise en santé mentale coûteuse.

La Dre Lem a alors entendu parler de mouvements locaux aux États-Unis qui encourageaient les médecins à prescrire des sorties en plein air aux patients pour améliorer leur état de santé, ce qui l’a incitée à amorcer une initiative semblable au Canada.

Après avoir déménagé à Vancouver en 2015, elle est entrée en contact avec la BC Parks Foundation, qui souhaitait également mettre sur pied un projet d’ordonnances. Ensemble, ils ont lancé en novembre 2020 le programme PaRx, le premier programme d’ordonnances d’activités de plein air fondé sur des données probantes.

En moins d’un an, le programme s’est étendu à l’Ontario et à la Saskatchewan, et 900 professionnels de la santé autorisés – médecins, infirmières, physiothérapeutes – s’y sont inscrits.

Nous avons la possibilité d’améliorer l’état de santé des patients, de réduire les coûts pour le système de santé et de sensibiliser les gens à la défense de l’environnement. 

Donner aux patients la permission de mettre le plein air en tête de liste

La Dre Lem a pu constater personnellement la valeur des ordonnances de plein air dans le plan de traitement des patients.

Juste avant de lancer le programme PaRx, elle traitait une patiente venue d’Europe qui s’était établie en Colombie-Britannique pendant la pandémie. La femme, autrefois adepte de randonnée, éprouvait des problèmes de santé mentale et se sentait déconnectée de son nouvel environnement. La Dre Lem lui a prescrit un antidépresseur et suggéré quelques autres changements de mode de vie, mais les effets ont été minimes. Après le lancement du programme PaRx, elle lui a prescrit de passer du temps en plein air et a été impressionnée par les résultats.

« Ma patiente m’a confié qu’elle était très étonnée des progrès qu’elle avait réalisés, raconte la Dre Lem. Ces progrès auraient pu être attribuables à une combinaison des médicaments et du temps passé en nature, mais elle m’a dit qu’elle s’assurait de sortir dans un espace vert chaque semaine, plusieurs fois par semaine, et qu’elle se sentait vraiment mieux. »

En plus des observations anecdotiques, diverses études semblent indiquer que le fait de passer du temps dans la nature peut avoir beaucoup d’effets positifs sur la santé humaine, que ce soit en réduisant le fardeau des maladies chroniques ou en améliorant l’issue d’une grossesse.

Dre Lem et son fils à l'île Cortes en Colombie-Britannique.

Pour optimiser les bienfaits de la nature sur la santé, PaRx recommande aux médecins de prescrire au moins deux heures par semaine d’activités en milieu naturel, au moins 20 minutes à la fois.

Les ordonnances de plein air peuvent prendre toutes sortes de formes, que ce soit cultiver un jardin, faire une randonnée ou, en milieu urbain, s’asseoir sur un balcon fleuri, du moment que l’activité est significative et pratique pour le patient.

« En prescrivant des activités de plein air à une personne, on lui donne la permission de se dire “J’en ai vraiment besoin pour être en santé. Je ferais mieux de faire ce que dit mon médecin!” », explique la Dre Lem.

Créer un système de santé durable

Avec la subvention à l’innovation de Joule de 50 000 $, la Dre Lem s’emploie à créer une application qui incitera les gens à passer du temps dans la nature et compilera leurs sorties. La subvention permettra également à son équipe d’élargir le programme PaRx à l’échelle du Canada et de concevoir un module en ligne donnant droit à des crédits de DPC pour aider les médecins à prescrire efficacement les activités de plein air comme remède.

L’objectif ultime de la Dre Lem pour le programme PaRx, qui cadre avec son rôle de présidente désignée de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, est de contribuer à un système de santé durable.

« Nous voulons améliorer la santé de toute la population; en incitant les gens à renouer avec la nature, nous espérons les pousser à trouver toutes sortes de moyens pour protéger notre planète. »

Le programme de subventions à l’innovation de Joule de 2020 a permis d’octroyer 500 000 $ en guise de soutien à l’innovation dirigée par des médecins, dans les domaines de la viabilité du système de santé, de la santé et du bien-être des médecins, des solutions en soins de santé et de l’accès aux soins.

Découvrez les autres innovations financées par le programme :

https://boldly.amc.ca/blogue/lancement-dune-unite-virtuelle-en-sante-mentale-en-reponse-a-la-covid-19

https://boldly.amc.ca/blogue/des-etudiants-en-medecine-mettent-au-point-un-outil-de-suivi-de-la-covid-19

https://boldly.amc.ca/blogue/deux-jeunes-innovateurs-m%C3%A9dicaux-repensent-les-manipulations-corporelles

https://boldly.amc.ca/blogue/un-medecin-de-waterloo-concoit-un-logiciel-automatise-pour-reduire-la-charge-de-travail

https://boldly.amc.ca/blogue/un-médecin-albertain-conçoit-une-plateforme-web-qui-donne-davantage-de-pouvoir-aux-patients-racisés

https://boldly.amc.ca/blogue/conception-d-une-application-pour-aider-les-hôpitaux-à-réduire-leur-empreinte-écologique

https://boldly.amc.ca/blogue/créer-des-ponts-entre-les-médecins-suppléants-et-les-cliniques

À propos de l’auteur

CMA Joule supports physicians and medical learners in the pursuit of clinical excellence. As a subsidiary of the Canadian Medical Association (CMA), we support the profession with continuing education and other learning opportunities as well as leading evidence-based clinical products and research.