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Vaccins contre la COVID-19, variant Delta et données : tout est dans les chiffres

À l’heure actuelle, tout le monde a vu les grands titres et les publications sur les médias sociaux suggérant que les vaccins contre la COVID-19 ne sont plus efficaces contre le variant Delta. Non seulement ces messages sensationnalistes reposent-ils sur une interprétation erronée des données, mais ils sont également faux et trompeurs.

Pour illustrer cette utilisation fallacieuse des données, prenons l’exemple d’une récente éclosion de COVID-19 au sud de la frontière, dans le Massachusetts. Selon un rapport publié par les CDC, 469 cas de COVID-19 ont été recensés dans un groupe, à Cape Cod, peu après la fête du 4 juillet. Parmi les personnes infectées, 74 % étaient entièrement vaccinées et le séquençage de leur génome a permis de détecter le variant Delta dans 88 % des isolats testés.

S’il est surprenant qu’un si grand nombre de personnes vaccinées aient été impliquées dans cette éclosion, la mauvaise interprétation généralisée qui a suivi dans les médias est particulièrement alarmante.

Pour comprendre le taux d’infections post-vaccinales, au lieu de faire le calcul qui a abouti au pourcentage de 74 % de cas de personnes vaccinées par rapport au nombre total de cas, il faut calculer le nombre de cas chez les personnes vaccinées par rapport au nombre total de personnes vaccinées. Bien que le dénominateur de l’éclosion dans cette équation soit inconnu, il est probablement assez élevé. Cette région compte parmi celles où la vaccination est la plus élevée dans le Massachusetts, ce qui signifie que le taux d’infections post-vaccinales reste faible.

Un autre élément intéressant de ce rapport est que la concentration de SRAS-CoV-2 dans les échantillons prélevés dans les voies respiratoires des personnes vaccinées était similaire à celle des échantillons des personnes non vaccinées. Cela contraste avec les résultats d’études antérieures mettant en évidence une concentration du virus beaucoup plus élevée chez les personnes non vaccinées. Fait notable : ces études ont été menées au moment où d’autres souches du SRAS-CoV-2 étaient plus répandues, avant que le variant Delta ne devienne la souche dominante. La quantité de virus étant corrélée à sa contagiosité, ces nouvelles données et l’augmentation du nombre de cas ces dernières semaines ont conduit les CDC et certaines provinces canadiennes, dont la Colombie-Britannique, le Manitoba et le Québec, à revenir sur leur décision de lever l’obligation de porter un masque pour les personnes vaccinées et non vaccinées.

Cependant, des personnes ayant une concentration semblable du virus au moment du diagnostic ne présenteront pas forcément les mêmes taux de transmission. Premièrement, les personnes vaccinées sont toujours beaucoup moins susceptibles d’être infectées que les personnes non vaccinées, de sorte que leur rôle dans la propagation communautaire est déjà plus faible. Deuxièmement, comme la réponse immunitaire se déclenche plus rapidement et plus vigoureusement chez une personne vaccinée, le virus ne survit pas aussi longtemps. En d’autres termes, les personnes vaccinées sont contagieuses pendant une plus courte période que les personnes non vaccinées.

Bien que cette éclosion particulière démontre clairement que les personnes vaccinées peuvent transmettre le virus à d’autres personnes, dans l’ensemble, les personnes vaccinées contribuent moins à la propagation du SRAS-CoV-2. La vaccination demeure la stratégie la plus efficace pour limiter les ravages causés par ce nouvel agent pathogène, mais elle n’est certainement pas la seule mesure d’atténuation efficace.

De toute évidence, le variant Delta se transmet beaucoup plus facilement que les souches précédentes du SRAS-CoV-2. Selon les estimations actuelles, le variant Delta est environ 50 % plus contagieux que le variant Alpha, qui était déjà 50 % plus contagieux que la souche originale du virus.

Il a été établi que cette pandémie prendrait fin lorsqu’un nombre suffisant de personnes seraient immunisées – préférablement par la vaccination, mais aussi en survivant à l’infection. Le SRAS-CoV-2 ne sera pas éradiqué pour autant; il sera toujours là, mais la population mondiale ne sera plus vulnérable à ses pires effets. Autrement dit, ce « nouveau coronavirus » ne sera plus nouveau. Comme nos organismes reconnaîtront le virus, il pourrait simplement causer des rhumes simples plutôt que des maladies mortelles.  

D’ici là, chaque nouvelle mesure d’atténuation prise par les personnes et les communautés réduit le risque que le virus infecte des hôtes sensibles (principalement des enfants pour l’instant) et vulnérables présentant des risques élevés. La vaccination, ainsi que les contre-mesures sociales, le dépistage, la quarantaine et l’isolement, le cas échéant, permettront d’alléger le fardeau qui pèse sur les systèmes de santé, de garder les enfants à l’école et de sauver des vies.  

 

Pour en savoir plus, consultez la page thématique COVID-19 (Novel Coronavirus) dans DynaMed. 

L’article original a été publié sur la plateforme EBSCO Health Notes. Rédigé par :

  • Vito Iacoviello, M.D., rédacteur en chef adjoint de la section infectiologie, allergologie et immunologie chez DynaMed;
  • Heather D. Marshall, Ph. D., responsable du contenu en matière de santé publique chez DynaMed.

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À propos de l’auteur

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