Les associations médicales de l’Atlantique unissent leurs forces dans le but de déterminer la marche à suivre pour faire progresser les soin

Appels téléphoniques, vidéoconférences et surveillance à distance. En quelques mois seulement, ces outils de prestation des soins virtuels sont devenus chose courante dans la pratique quotidienne de nombreux médecins. Puisque les soins virtuels font de plus en plus partie de la « nouvelle normalité », les associations médicales des provinces de l’Atlantique se sont regroupées pour déterminer la meilleure marche à suivre.

« Nous ne retournerons jamais en arrière », a déclaré Robert Thompson, directeur général de l’Association médicale de Terre-Neuve-et-Labrador. « [Les soins virtuels] font partie de l’avenir. »

Mues par cette transition, la Société médicale du Nouveau-Brunswick, l’Association médicale de Terre-Neuve-et-Labrador, Doctors Nova Scotia et la Société médicale de l’Île-du-Prince-Édouard ont mandaté la firme d’experts-conseils Deloitte pour évaluer comment les soins virtuels fonctionnent, notamment en ce qui a trait aux codes de facturation pour les soins virtuels et à la surveillance à distance de l’état des patients.

« Pendant la pandémie, les soins virtuels sont devenus une méthode efficace pour la prestation des soins aux patients, et le taux d’adoption et de satisfaction ouvrent la voie à l’intensification de leur utilisation », a expliqué la Dre Ann Collins, médecin du Nouveau-Brunswick et présidente de l’AMC.

Financée par l’Association médicale canadienne, l’étude vise à répondre à des questions liées à la facturation des interactions avec les patients par message texte ou par courriel et aux avantages des consultations vidéo et téléphoniques, entre autres sujets. Les recommandations finales seront transmises à toutes les associations participantes.

« Ce qu’il y a de bien avec les quatre provinces de l’Atlantique, c’est que nous sommes toutes de petites provinces, que nous nous trouvons dans la même situation géographique et que nous vivons des circonstances semblables », a expliqué la Dre Robyn MacQuarrie, présidente de Doctors Nova Scotia. « Nous tentons de recueillir de l’information en vue d’élaborer un plan. »

Au début de la pandémie de COVID-19, les provinces et territoires du Canada ont rapidement mis en œuvre des codes de facturation temporaires afin que les médecins puissent être rémunérés pour les soins virtuels qu’ils offraient. Bon nombre de ces codes ont maintenant été prolongés jusqu’à la fin de 2020.

Cependant, des stratégies à long terme sur les soins virtuels font encore l’objet de discussions.

M. Thompson a déclaré que la façon de rémunérer les médecins pour leurs échanges avec des patients par message texte et par courriel fait partie des enjeux clés qu’il souhaite aborder.

« C’est tout un défi », a-t-il lancé. « Les médecins doivent y consacrer temps et énergie. »

La surveillance à distance de l’état des patients suscite d’autres questions sur la rémunération. Les patients participent à leurs soins en mesurant leurs propres signes vitaux comme la température corporelle ou la pression artérielle, puis les médecins interprètent les données recueillies.

« Ces données seront envoyées au médecin, qui pourrait bien surveiller l’état de 50 patients souffrant de problèmes cardiaques », a indiqué M. Thompson. « Son principal travail relèverait alors de la surveillance. »

« Bien que ce type de soins ne soit pas encore très répandu, il est important de penser dès maintenant aux enjeux liés à la rémunération », a-t-il ajouté.

Leurs problèmes de recrutement et de rétention des médecins datant de bien avant la pandémie, les provinces de l’Atlantique comptaient déjà examiner les façons d’améliorer l’accès aux soins, en particulier pour les patients des régions rurales contraints de parcourir de longues distances pour obtenir des soins.

« Avec la COVID-19, ce qui motive principalement les patients à recourir aux soins virtuels, c’est bien entendu de ne pas vouloir se présenter au cabinet du médecin et de respecter la distanciation physique. Mais beaucoup de patients souhaitent aussi simplement profiter de la commodité de ces services », a affirmé M. Thompson. « Avec cette étude, nous disposerons d’une base commune d’information qui nous aidera à nous parler mutuellement de ce qui fonctionne dans notre propre province. »

Le Dr David Bannon, président de la Société médicale de l’Île-du-Prince-Édouard, a affirmé que la pandémie avait « forcé un changement » dans les soins de santé.

« Avec la pandémie, nous avons compris l’importance d’être vifs et réactifs pour répondre aux besoins des patients. Nous voulons poursuivre sur cette voie », a-t-il dit. Depuis le début de la pandémie, la population est de plus en plus en faveur des soins virtuels. Selon un sondage national mené pour l’AMC en mai 2020, les patients qui ont interagi avec leur médecin de manière virtuelle pendant la COVID-19 ont signalé un taux de satisfaction de 91 %. La Dre MacQuarrie rapporte une réponse similaire en Nouvelle-Écosse, où elle dit avoir reçu des commentaires « extrêmement positifs » de ses patients concernant leur expérience avec les soins virtuels.

L’AMC finance cette étude sur les soins virtuels dans les provinces de l’Atlantique dans le cadre de ses efforts continus visant à accroître l’adoption des soins virtuels partout au Canada, grâce notamment à la mise sur pied d’un groupe de travail, à la formulation de recommandations stratégiques, à l’élaboration de guides pratiques et à la création de ressources pour les patients.

Pour en savoir plus, consultez la page cma.ca/soins-virtuels.

À propos de l’auteur

L’AMC unit les membres de la profession médicale au Canada pour améliorer la santé de la population canadienne et accroître l’efficacité du système de santé.

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